Informations en continu

Infrastructures: lancement officiel des travaux de construction de l’Echangeur du Rond-Point des Armées à Niamey

Actuniger Politique - il y a 2 heures 47 min

Le Président Issoufou Mahamadou a lancé ce mercredi les travaux de construction de l’Echangeur du Rond-Point des Armées à Niamey.

OIM ONU MIGRATION : Avis d’appel d’offre

Actuniger Société - il y a 8 heures 27 min

 

 

Avis d’appel d’offre

 

L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) au Niger recherche des prestataires de services pour la mise en œuvre de projets communautaires à destination des migrants nigériens retournés et des membres de leur communauté d’origine, dans le cadre du projet « MIRAA- Migrants Rescue and Assistance in the Agadez Region – phase III» 

 

Dans le cadre du projet «MIRAA- Migrants Rescue and Assistance in the Agadez Region – phase III » financé par le gouvernement des Pays-Bas, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) vise à soutenir la réintégration durable des migrants nigériens  retournés dans leur communauté d’origine.

Ainsi, l’OIM souhaite mettre en place des projet communautaires dans deux départements de la région de Tahoua, Tchintabaraden et Bouza. Le principal objectif du prestataire de services sera de mettre en place des projets communautaires dans une de ces deux zones, rassemblant des migrants retournés et des membres de leur communauté, afin de mener une activité génératrice de revenu pérenne. Seront retenus en priorité les projets qui répondront aux critères suivants :

  • Projet visant à contribuer à améliorer la situation socioéconomique de la communauté ou contribuant à améliorer l’accès aux services communautaires ;
  • Projet contribuant à la durabilité environnementale ;
  • Projet contribuant à la cohésion sociale ;
  • Projet étroitement lié au plan de développement local.

Cible : La cible retenue dépendra du type de projet proposé. Pour des projets portant création de petits groupements d’une dizaine de personnes, le prestataire sera chargé de créer une dizaine de projets dans la zone qu’il choisira de cibler (soit environ 100 bénéficiaires migrants et non-migrants/département). Pour des projets de plus grande ampleur, rassemblant plusieurs dizaines de personnes par projet, un ou deux projets peuvent être mis en place par département.

 

Portée géographique : Chaque soumissionnaire peut présenter une offre pour l’une des zones ciblées ; en fonction de ses ressources sur le terrain, il pourra éventuellement présenter deux offres, une pour chaque zone. Les zones ciblées (départements) sont :

-departement de Tchintabaraden (Tahoua)

-departement de Bouza (Tahoua)



 

Echéancier : Le présent appel d’offre porte sur une durée de 7 mois.

Pour plus de renseignements : Vous pouvez obtenir gratuitement les termes de références complets et autres documents utiles en en faisant la requête auprès du bureau de l’OIM à Niamey, du sous-bureau de l’OIM à Tahoua, ou encore en envoyant un email à l’adresse vbada@iom.int, en mettant en copie nplniger@iom.int.

Comment postuler ? Les prestataires de services sont invités à envoyer, sous enveloppe scellée, leur proposition complète en français, en mentionnant le numéro de référence et en joignant tous les documents demandés au sous-bureau de l’OIM à Tahoua situé derrière la gare Rimbo ou au bureau de Niamey situé Avenue Maurice Delens, Rue Yn-26, Porte 278, Yantala Haut, avant le vendredi 29 janvier 2021 à 14h00 heure locale.

Hommage à ma sœur Abdoulaye Diori Kadidiatou Ly dite KADJA LY

Tamtaminfo - 26/01/2021

    « Penser aux morts, c’est assurer la survie des gens qu’on a aimés, en attendant que d’autres le fassent pour vous » – François Mitterrand

Ma sœur, tu es partie sur la pointe des pieds, en fin d’année, le 12 décembre 2020, donc en pleine tempête électorale, tel que tu l’aurais sans doute souhaité. Tu es donc partie, écrasée, tels ces millions de fourmis par ….

« les pieds du temps », (Le Poète Ponge dixit) comme nous le serons inexorablement tous un jour. Non sans avoir résister de longues années à l’usure biologique causée par le temps. Mais tu demeures cependant, l’absente la plus présente de cette période électorale, historique et agitée, que nous vivons intensément puisque cruciale pour notre patrie, nous, les sursitaires, témoins privilégiés des pages de l’Histoire électorale de notre pays, écrites par toi, à ta manière, et à laquelle tu auras finalement consacré l’essentiel de ta vie professionnelle. Nous nous étions retrouvés à…

Soudouré, autour du mausolée familial des Diori, nous tes proches parents, ton « pré carré politiques » ce jeudi pour la cérémonie du 40 ème jour de ta disparition, certains feignant d’ignorer les autres en cette période électorale trouble où les deux camps politiques sont des postures figées. Je dis bien à Soudouré, puisque, c’est aussi le village qui a vu naître et où a été enterré Djibo Bakary, notre autre père politique, le fondateur du parti du dromadaire, le Sawaba, fondé par lui, suite à son départ du parti de l’Eléphant de son cousin Diori Hamani, père de l’indépendance. 

Tout un symbole, puisque tu as le privilège d’y être enterrée du fait de ton engagement politique et familial reconnu par tous. Pour toi qui auras choisi le périlleux métier de juge constitutionnelle dans le pays aux sept (7) constitutions et 9 présidents en l’espace de cinq (5) décennies, les observateurs se douteront bien du fait que le choix de la publication de cet hommage à la veille de la publication d’un arrêt de la Cour Constitutionnelle qui impactera la vie de la nation, ne pourrait être le fruit d’un hasard. Je l’ai voulu ainsi sachant ce que les arrêts représentaient pour toi, dans un pays où le bon juge électoral est celui qui donne raison à un bord politique.

A la lecture de ta page Wikipédia, chacun saura que tu es née le 5 mars 1952 à Niamey, et que tu as choisi comme première vocation, celle austère mais voie très engagée de sage-femme. J’ai cru comprendre en t’observant que, suite au départ pour un exil politique de ton défunt époux, Abdoulaye, (fils du président Diori, père de l’indépendance de notre pays) celui-là même, on s’en rappelle,  que toutes les jeunes filles de ton époque rêvaient d’épouser pour son élégance et la finesse de ses traits hérités d’une des plus belles premières dames que l’Afrique ait connu à ce jour.

Tu avais remporté le trophée pour le malheur de centaines d’autres postulantes. C’était déjà en soi, un signe de ta force et de ta ténacité. Les vicissitudes de la vie politique aidant, tu t’étais plus tard armé de courage pour reprendre des études dès la fin des années 70 pour décrocher ton baccalauréat qui t’a ouvert les chemins de l’Université Abdou Moumouni Dioffo où, quatre ans plus tard, tu décrochas ta maîtrise en droit public en 1985. C’est ta soif de savoir, doublée d’un ardent désir de te hisser à la hauteur des grands diplômés de certains milieux, développant des complexes et le culte du parchemin par lesquels ils n’avaient de respect que pour le bac +, t’ont sans doute poussé à t’inscrire et décrocher, dès 2005, un Doctorat d’Etat en droit public de l’Université Jean Monet de Paris. Paris-Saclay en France avec une thèse portant sur les travaux gouvernementaux et parlementaires au Niger. Tes efforts méritoires, seront récompensés puisque tu siégeras dès l’an 2006 comme conseillère à la Cour constitutionnelle, créée six (6) ans plus tôt, pour en devenir la présidente en 2013. De ton parcours élogieux de la salle d’accouchement à la Cour constitutionnelle, je retiendrais que l’accouchement d’un bébé en salle est aussi pénible et risqué que celui d’un arrêt ou d’un avis en matière constitutionnelle, dans un pays mondialement réputé pour l’intolérance de ses hommes politiques. L’autre point commun des deux accouchements est qu’il faut parfois avoir recours à une césarienne pour sortir le bébé et que la mère ou l’auteur dans le cas de l’arrêt constitutionnel peuvent y laisser leur vie comme c’est arrivé dans certains pays, ou le risquer même dans des pays réputés démocratiques. Je m’en souviens qu’en janvier 2016, tu m’avais dit toute ta fierté d’avoir usé de ton « droit de désobéissance » pour refuser la disqualification d’un célèbre candidat à l’élection présidentielle.

Le mystère de la mort étant insondable, j’ai pu voir défiler tous les enfants et grands militants du parti de l’Eléphant et de son pendant, le Dromadaire, que je n’avais pas vu, des décennies durant.   

Suite à ta disparition, c’est une page de l’histoire politique du RDA, parti de l’Éléphant, qui se tourne, ce parti que tu auras aidé à se maintenir dans un désert politique aride. Puisque nous sommes tous témoin que ton aide à ton défunt époux de par ta formation et ton engagement auront été décisifs pour sa survie. Le faisant, tu avais confirmé ce que nous savons tous à savoir qu’aucun homme n’est devenu grand sans être épaulé dans son ascension par une grande Dame ! L’adage ne propose-t-il pas que « derrière chaque grand homme se cache une grande Dame » ? Tu as reconfirmé la justesse du célèbre adage.

En revoyant tes enfants ce jeudi à la cérémonie du 40ème jour, je m’étais rappelé, afin de mesurer l’étendue de leur souffrance, les mots de Guy de Maupassant qui disait qu’ »On aime sa mère presque sans le savoir, et (qu’) on ne s’aperçoit de toute la profondeur des racines de cet amour qu’au moment de la séparation dernière » … Comme l’a dit Amadou Hampâté Bâ dans son œuvre « L’enfant Peul », « …la mère est considérée comme l’atelier divin où le créateur travaille directement, sans intermédiaire, pour former et mener à maturité une vie nouvelle. C’est pourquoi, en Afrique, la mère est respectée presque à l’égal d’une divinité. » C’est le même sentiment que nous avions tous nourri pour nos mamans disparues.

Dans notre société ancrée dans l’oralité, je suis certain que tu mesures, de là-haut, l’étendue du risque que j’ai accepté de prendre en décidant d’écrire cet hommage sur ta personne, car il a été écrit que « la parole, si vive et intense soit-elle, demeure éphémère,….de l’ordre de l’instant et renferme (en elle-même) les ressorts de sa propre rectification » tandis que l’écrit, lui, est rigide. Malgré tout, pour toi ma sœur Kadja, je prends le risque de le faire, puisque dire ou écrire que ta vie aura été le cours d’un long fleuve tranquille serait travestir la réalité. Tu auras connu, comme toutes les épouses de politiciens, des moments de bonheur et des temps difficiles, voire cauchemardesques. Tu auras été, comme moi, à l’école d’un père instituteur rigoureux de l’époque. C’est-à-dire que dans la cour de l’école, comme dans ta vie de tous les jours, tu te devais de montrer l’exemple. A l’image de ton père éducateur dont les moindres faits et gestes sont épiés par tous. Moussié Ly (Paix à son âme) comme l’aimait à l’appeler affectueusement ma défunte maman, comme tous les éducateurs de sa génération et de sa dimension, ne pouvait tolérer le moindre écart de conduite. C’est pourquoi, son image de sage, est restée gravée dans tous les esprits. Sa pipe et sa 403 Peugeot berline, bleue nuit, acquise presque en même temps que celle de mon père au milieu des années 50, est restée intacte dans la mémoire des anciens qui l’ont connu. De lui, tu as su garder cette culture politique innée, qui consistait à ne pas confondre engagements politiques et relations personnelles et/ou familiales, ce qui faisait ta force. Tu t’étais efforcée à me raconter, chaque fois que de besoin, les joutes verbales de nos deux défunts pères auxquelles tu avais eu le privilège d’assister, qui, tout en appartenant à deux bords politiques antagoniques d’antan, ton père biologique, je tiens à le préciser puisqu’il est également mien, ayant choisi de rester cheminer avec l’Eléphant tandis que le mien avait succombé au charme du dromadaire. Ils avaient, en dépit de leurs options politiques divergentes, leur amitié historique tel qu’il n’en existe plus de nos jours, qui est à juste titre notre fierté, aujourd’hui, à nous autres les sursitaires. Tu avais toujours gardé à l’esprit que tu comptais parmi mes frères un petit pépé (Dr Amadou notre ainé) et un petit papa Souleymane (le benjamin des garçons). C’est pourquoi, de ton vivant, nos relations fraternelles comme politiques, les plus anciennes comme les plus récentes, à partir des années 90, à l’avènement de la démocratisation copier-coller importée et brouillonne et des acteurs spécialisés dans l’art du concassage mesquin des familles comme des partis politiques, étaient passées par toutes les phases imaginables. Mais, telles des roseaux, elles avaient dangereusement plié, mais n’avaient jamais rompu. Le mot parti ne dérive-il pas du mot italien partire (prononcer partiré) qui veut dire séparer ?

En bonne peuhle, tu as porté avec fierté ton « jetooje », ton nom clanique, Ly, réservé aux Toro’b’be, des peuls plus sédentaires que pasteurs, redoutables guerriers selon leur épopée reprises par de nombreux historiens (1),  aux noms claniques les plus répandus : Ly, Sy et Tal, monosyllabiques comme les clans d’origines Jal, Ka, Kan ou Kane, Ba, Soh. Dans les autres pays de notre sous-région où cette tradition de nos parents est plus enracinée, on t’aurait salué en répétant plusieurs fois ton nom, c’est-à-dire Ly, Ly, Ly….

Ma sœur, dois-je rappeler à mes compatriotes, comme nombre d’entre eux l’ignorent, l’amour du lait que j’ai partagé en secret avec toi, cette substance plus indispensable à mes parents maternels que leur propre sang, d’où découle cette complicité qui nous liait, mêmes dans les moments de doute ou d’un choix kafkaïen ? Non, je crois que ce n’est pas nécessaire, beaucoup le savent, mais feignent de l’ignorer. Ceux qui l’ont tenté, l’ont appris à leurs dépens. Puisque la famille, c’est universellement admis, est sacrée pour tous.  

Tu as tiré de tes origines peules, cette faculté innée d’adaptation à ton environnement, qui te permettait d’évoluer dans les milieux les plus divers, c’est également pourquoi, l’affluence observée à ton domicile, depuis ta disparition d’il y a 46 jours, n’est pas fortuite. Je témoignerais pour dire que ta vie durant, tu auras été naturelle et normale au sens d’Amadou Hampâhé Bâ, notre parent, ce dépositaire de notre culture maternelle, qui a professé que « L’être naturel, normal, commencera par s’aimer lui-même. Puis, selon son aptitude, il répandra graduellement cet amour de lui sur sa famille et ses proches d’abord, puis sur ses amis, sur les personnes exerçant le même métier que lui ou épousant les mêmes idées, puis plus largement sur ses concitoyens, sur sa race… et enfin sur la nature toute entière, sans discrimination….Quand un être atteint le degré de l’amour universel, c’est-à-dire lorsqu’il considère tous les êtres comme ses frères, alors les formes contingentes : race, pays, etc…, disparaissent à ses yeux pour faire place à la lumière de l’Unité. »  Comment pouvait-il en être autrement, puisque, comme toutes les femmes célèbres de notre microcosme politique, très jeune, tu t’étais condamnée à partager ta vie avec un homme populaire. C’est ce que tu auras vécu, stoïquement.

Pour tout cet engagement familial et politique que tu as porté, nous te rendons hommage et prions pour que ton âme repose en paix ! Les Timbo, tes parents maternels et les LY, les paternels sont inconsolables pour le vide que tu laisses, dont ils prennent toute la mesure aujourd’hui.

Que leur dire de plus et à tous tes proches parents, amis et connaissances sinon que « la mort », je ne le répèterais jamais assez, avec les merveilleux mots de Stendhal, « puisqu’elle est inévitable, oublions-la ».

Les quatre merveilleux bouts de bois de Dieu que nous lègues et tes arrêts te rendent immortelle.

Repose en paix Kadja Ly !

Avec une pensée pour mon défunt ami et frère Bassirou LY, le plus sympathique de notre groupe de jeunesse.

Djibril Baré, ton petit frère qui te pleure en silence

Vibrant hommage mérité a été rendu au Président de la République du Niger…

Tamtaminfo - 26/01/2021

Un vibrant hommage mérité a été rendu au  Président de la République du Niger, son Excellence Issoufou Mahamadou, au 58ème  sommet de la CEDEAO, pour son engagement dans le processus de l’intégration économique africain, c’est le Niger qui gagne : quelle réflexion nous suscite cet évènement ?

Le président Issoufou Mahamadou , a été félicité ,  reconnu parmi les grands artisans : de l’avènement de la monnaie commune unique africaine,  ECO de la CEDEAO, et grand champion de la Zone de Libre-Echange Continentale Africaine, la ZLECAF, nous tenterons de faire un survol historique sur la création de la CEDEAO , de la monnaie unique ECO , et les parcours  qui ont jalonné  la création de l’ECO , les obstacles,  l’espoir suscité en Afrique et impact sur la situation socio-économique au Niger .

Dès sa création, en 1963, à Addis Abeba en Ethiopie, l’Union africaine, à l’époque l’Organisation de l’unité africaine (OUA), avait inscrit l’objectif d’intégration économique et monétaire dans son acte constitutif.

De la création de la CEDEAO :

En 1971, suite à l’effondrement du système monétaire international de Brettons Woods, et l’avènement d’un environnement mondial plus instable, le président togolais, Gnassingbé Eyadema et son homologue du Nigeria, le général Yakubu Gowon, avaient entrepris une tournée destinée à promouvoir l’idée d’une intégration sous régionale . Grâce à leurs efforts, en 1975, le traité de Lagos et de la création de la CEDEAO, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest avaient vu  le jour. Ce qui avait permis de lancer les bases du processus de l’intégration monétaire.

Les bases du processus de l’intégration monétaire :

Au début des années 1980, les chefs d’État et de gouvernement, de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, avaient  posés  les bases d’un processus d’intégration monétaire.
Au sein des quinze pays membres de la CEDEAO, l’intégration monétaire concerne deux ensembles régionaux  distincts, l’Union Economique et Monétaire Ouest-africaine, L’ UEMOA et la Zone Monétaire d’Afrique de l’Ouest, la ZMAO.


En effet, Créée en 1994, l’UEMOA, l’Union économique et monétaire ouest-africaine, qui a le franc CFA en partage,  regroupe huit Etats membres : le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Togo et la Guinée-Bissau.

Créée en 2000, la ZMAO, la Zone monétaire d’Afrique de l’Ouest, qui compte six pays membres  et qui ont six monnaies différentes : le cédi au Ghana, le dalasi en Gambie, le dollar libérien au Liberia, le franc guinéen en Guinée, le Léone en Sierra Leone et le naira au Nigeria.
Avec son escudo, l’archipel du Cap-Vert est le seul pays de la CEDEAO à n’appartenir à aucune de ces deux grandes zones monétaires.

Suite à la création de la monnaie commune unique, de la CEDEAO, ECO,  le 29  juillet 2019, à Abuja , au Nigeria , par les quinze pays membres de la CEDEAO , une annonce rusée à Abidjan , en Côte d’Ivoire , nous apprenait  la création d’une autre monnaie ECO , créée par le Président français,  Emmanuel Macron et le Président ivoirien, Alassane Dramane Ouattara .
L’annonce qui a pour regain d’un sabotage, annonce la fin du franc CFA.

Quelle alternative face à l’annonce très rusée d’Abidjan, de la fin du franc CFA, pour la CEDEAO ?

La subordination de la satisfaction aux critères de convergence à la création d’une zone monétaire de la CEDEAO est un faux débat, ce débat doit être dépassé et tendre vers la mise en œuvre de la zone monétaire des États de l’Afrique de l’Ouest, la ZMAO.

Le processus de la création de la zone monétaire des États de la Communauté Économique des États de l’Afrique de l’Ouest, la CEDEAO, avait commencé depuis 2000, selon une communication du professeur Moustapha Kassé, en effet, déjà en 2000, les critères de convergence arrêtés ne sont pas éloignés de ceux en vigueur au sein de l’UEMOA. En effet , l’inflation devrait être réduite à 10 % en 2000, puis 5% en 2003, le déficit budgétaire doit être réduit à 5 % en 2000 , puis 4% en 2003 , la limite maximale des avances de la Banque Centrale devrait être plafonnée à 10% des recettes fiscales de l’année précédente, les réserves de change de trois mois en 2000 et six mois en 2003, la pression fiscale d’au moins 20% des recettes fiscales , la masse salariale ne doit pas dépasser 30 % des restes fiscales.

La zone qui devrait être créée à l’époque, regrouperait au départ : le Nigéria, le Ghana, la Guinée, la Sierra-Léon, Le Libéria, le Cap-Vert et la Gambie. Aujourd’hui la zone s’est élargie avec l’arrivée des huit pays membres de l’UEMOA, la Côte d’Ivoire, le Sénégal, la Guinée Bissau, le Bénin, Le Togo, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, l’ensemble de ces quinze pays forment la CEDEAO.

De reports en reports, des divergences inutiles sur les fameux critères de convergence inventées de toutes pièces, ajouté des crocs en jambes, empêchent la mise en œuvre des instruments de la zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest, la ZMAO. Et pourtant lorsque la zone monétaire de l’Union Européenne avaiit été créée, tous les critères de convergence, n’étaient pas remplis. Actuellement tous les pays membres de l’union européenne ne remplissent pas les mêmes critères de convergence.

La locomotive de l’Union Européenne reste toujours l’Allemagne.

La France est aujourd’hui 5ème puissance mondiale grâce à l’apport des devises de la zone franc. Dès qu’elle perdra la mainmise sur les devises du franc CFA, elle perdra son rang de 5ème rang mondial. C’est ça la vérité, c’est ça la raison des crocs en jambes, des menaces voilées.

Le maintien de la parité fixe de l’ECO à l’EURO, de la garantie de la convertibilité de l’ECO par la France est encore une soumission aux relents néocolonialismes.
Beaucoup des pays européens reprochent à la France cet état de fait, cette mainmise sur les devises africaines.
La parité fixe nuit aux relations économiques internationales des pays africains avec le reste du monde, nos pays ne peuvent se développer avec la parité fixe, le taux de change flexible est plus propice à booster le développement des entreprises industrielles et la création d’emplois en Afrique.

La CEDEAO a grandement besoin de sa souveraineté monétaire, pour y parvenir il faudrait abandonner cette exigence de critères de convergence incompatible avec la réalité socio-économique africaine. Les économistes africains, la société civile, les intellectuels, se devraient de s’investir farouchement pour l’avènement d’une véritable souveraineté monétaire africaine.

Le projet de la création de la zone avait pris forme et âme lorsque la conférence des chefs d’État de la CEDEAO avait confié aux trois chefs d’État, à savoir : Muhammadu Buhari du Nigéria, Issoufou Mahamadou du Niger et Nana Akufo Addo du Ghana, la mission de coordonner la création et la mise en œuvre de la monnaie commune unique Africaine de la CEDEAO. Cette mission a été accomplie avec succès et professionnalisme. L’ECO avait été créé le 29 juillet 2019 , à la 56ème conférence de la CEDEAO, tenue à Abuja, au Nigéria, la mise en œuvre de la dite monnaie était  prévue en juillet 2020, suite à la pandémie COVID 19, la mise en œuvre avat été ajournée à 2021.

Les réflexions et la mise en œuvre de l’ECO, devraient se poursuivre en tenant compte des travaux adoptés à Abuja, au Nigéria le 29 juillet 2019.

Le taux d’échange retenu est le taux de change flexible, c’est le plus efficace en raison des relations économiques que la zone entretient avec beaucoup des pays hors de la zone euro, ce qui facilitera les échanges commerciaux, porteurs des créations des entreprises industrielles, de création d’emplois.

La centralisation des devises africaines devrait être faite désormais dans un compte de la Banque Centrale de l’Afrique de l’Ouest dont le siège devrait probablement être à Accra, au Ghana.

La gestion de l’ECO devrait être assurée en toute souveraineté par les pays membres de la CEDEAO sans aucune ingérence extérieure.

La garantie de la convertibilité devrait également être assurée grâce aux avoirs africains rapatriés du compte d’opérations logé au trésor français , aux lingots d’or et aux apports en devises des autres banques centrales africaines qui devront disparaître au profit de l’unité.
Cependant les partisans du maintien du franc CFA, de l’ancien ordre éhonté, ont trouvé une autre astuce, une grande ruse, pour annoncer pompeusement la fin du franc CFA le 21 décembre 2019, à Abidjan, qui sera remplacé par l’ECO, la parité fixe à l’euro est maintenue, la France se désengagera de la gestion de l’ECO, mais elle restera garante de la convertibilité de l’ECO.

Comment peut-on se désengager de la gestion d’une monnaie et prétendre garantir sa convertibilité ?

Il est très difficile de croire à la sincérité de cette annonce dite historique et surtout, elle est faite par un farouche adversaire de l’avènement de l’ECO. Les vrais artisans, les partisans crédibles, de la création de l’ECO étaient absents à la fameuse annonce historique, ce qui crée des doutes légitimes dans l’esprit des citoyens ouest africains.
Par conséquent nous préconisons une grande vigilance aux quinze pays membres de la CEDEAO.

Une entreprise de sabotage de la mise en œuvre de l’ECO par les partisans de la Françafrique serait habilement, subtilement, organisée.

Bientôt la Zone de Libre Echange Continentale Africaine, la ZLECAF sera aussi  une réalité.

Quel impact aura la mise en œuvre de la zone de libre-échange Continentale Africaine,(ZLECAF) sur l’économie du Niger ?

Le douzième sommet extraordinaire des chefs d’État et des gouvernements de l’Union Africaine ouvert le 4  juillet 2019,  avait pris fin le lundi 8 juillet 2019, à Niamey, capitale du Niger. Trente-deux chefs d’État et chefs des gouvernements avaient pris part à ce sommet historique de Niamey.

Le président de la république du Niger, son excellence Issoufou Mahamadou avait  gagné le pari malgré les obstacles et quelques imperfections mineures.
Le président Issoufou Mahamadou s’était  battu pour la tenue et la réussite de ce sommet, la mission était  très bien accomplie, c’est le Niger qui gagne encore !

La Zone de libre-échange Continentale Africaine avait été ratifiée et validée par 54 chefs d’État sur les 55 que compte l’Union Africaine.

Seule l’Érythrée ne l’avait pas fait, mais son représentant à la conférence avait promis que son pays le fera plus tard.
La majorité des participants à ce sommet avait salué l’accueil empreint de l’hospitalité légendaire reconnu aux Nigériens, ils ont magnifié le leadership du président Issoufou Mahamadou.

Le président nigérien avait réussi à convaincre la majorité écrasante de pays membres de l’Union Africaine à adhérer à la zone de Libre-échange Continentale Africaine. C’était une mission bien exaltante après la prouesse réalisée avec ses homologues, du Ghana, Nana Akufo Addo, et du Nigeria, Muhammadu Buhari, en réussissant à faire adhérer les pays membres de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), à adopter la création d’une monnaie commune africaine de la CEDEAO, l’ECO.

Avec le lancement de la zone de Libre-échange et la création de la monnaie commune africaine de la CEDEAO, le président Issoufou Mahamadou, Paul Kagamé et Nana Akufo Addo, sont rentrés dans les annales de l’histoire de l’Union Africaine.

Ils ont réussi à mettre notre organisation continentale, l’Union Africaine (UA) sur la bonne voie, la voie de l’intégration économique globale, la voie vers la création d’une monnaie commune unique africaine, gage d’un développement économique et social et de l’unité africaine.  C’est un exploit à saluer.

La Zone de Libre-échange Continentale Africaine est la plus grande zone de libre-échange dans le monde. Elle regroupe 54 pays, pour une population de 1,2 milliard d’habitants, avec un PIB cumulé de 3000 milliards de dollars.

La zone sera véritablement opérationnelle en 2021.
Si notre pays mettrait  le sérieux qu’il faudrait, il aura contribué ainsi, avec les autres, à porter le taux d’échange commercial interafricain à 60% au lieu de 16 % actuellement.

Quelle problématique représente la zone de libre-échange continentale africaine, pour le Niger ?

La zone a porté sur certains instruments à mettre en place en vue de favoriser le fonctionnement efficient du mécanisme du libre-échange, il s’agit d’offres tarifaires en ligne, le paiement électronique, l’observatoire africain du commerce, la suppression des barrières douanières, la libre circulation des personnes, des biens et services, la règle de la certification d’origine de la marchandise etc.

Quel impact aura l’entrée en vigueur en 2020 de la zone de libre-échange continentale africaine sur l’économie du Niger ?

C’est l’enjeu le plus important pour notre pays. L’impact sera positif ou négatif selon la manière et le sérieux avec lesquels nous envisageons de rentrer dans ce plus vaste marché de libre-échange du monde.

Les entreprises industrielles les plus compétitives seront les plus bénéficiaires de ce marché.
Ceux qui produisent beaucoup plus en grande quantité des biens et des services de grande qualité à des prix compétitifs, seront les plus bénéficiaires des effets positifs de cette zone.

Les pays dont les entreprises industrielles nationales sont affaiblies par la concurrence déloyale organisée par les narcotrafiquants qui recyclent d’une part, l’argent sale dans le commerce des biens et services au détriment du trésor public et d’autre part ceux qui souffrent du poids étouffant de la fiscalité ne peuvent bénéficier des conséquences positives de la zone. 

Par conséquent elles seront perdantes. D’où la nécessité pour notre pays, le Niger, de mettre impérativement en place un bon dispositif composé des experts, des véritables professionnels de l’industrie et des universitaires bien outillés sur la question du libre-échange, qui va aider nos entreprises industrielles nationales à faire face aux grands enjeux de la zone de libre-échange continentale africaine.
Il serait hautement souhaitable de tenir compte des recommandations dudit dispositif.

En effet, si le géant Nigeria, malgré ses nombreuses entreprises industrielles très compétitives, a traîné les pas avant de ratifier la convention de ladite zone de libre-échange, assortie des conditions, c’est parce qu’il a organisé une large concertation avec ses opérateurs économiques pour arrêter une stratégie commune à adopter pour bien bénéficier de la zone de libre-échange et bien défendre les intérêts de leur pays au moment de la rédaction de textes réglementaires.

Notre pays, le Niger, pour bien bénéficier de son entrée dans la zone de libre-échange continentale africaine, se devrait de prendre des mesures anticipées appropriées pour bien préparer nos entreprises industrielles privées en vue de faire face à la rude concurrence. Entre autres, il pourrait être envisagé de créer des brigades mixtes constituées des agents des directions des régies financières, notamment la direction générale des impôts (DGI), la direction générale des douanes (DGD), la direction générale du trésor et de la comptabilité publique (DGT/CP), la Police économique (PE) à réhabiliter, la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF), en vue d’engager une lutte efficiente contre le blanchiment d’argent, les différents trafics et fraudes au Niger.

Il faut également prendre des dispositions diligentes pour alléger le poids de la fiscalité sur les entreprises industrielles privées afin de les rendre plus compétitives et plus pourvoyeuses d’emplois.

Si toutefois les ministères en charge du commerce, de l’industrie ,de l’économie, et des finances , continuent à observer nonchalamment les enjeux économiques qui se dessinent à l’horizon pour notre pays, nous risquerions d’entrer dans la zone de libre-échange continentale africaine, en tant que simples consommateurs des produits des autres pays mieux organisés et plus réfléchis.

La nouvelle problématique qui se pose est de savoir si les départements ministériels concernés, ont réellement les moyens nécessaires et travaillent avec les personnes ressources indiquées, des universitaires bien confirmés, compétents et les chefs d’entreprise industrielles privées concernées ?

Les Etats membres de la CEDEAO se devraient de continuer la lutte et rester très vigilants jusqu’à la victoire finale. L’annonce d’Abidjan est un leurre. L ‘ECO sera un sous-multiple de la devise française Euro.
Il serait hautement nécessaire d’abandonner cette exigence des critères de convergence qui est un obstacle pour parfaire cette union tant souhaitée par les citoyens ouest africains.

La lutte pour la souveraineté monétaire de l’Afrique doit continuer, la jeunesse panafricaniste africaine, et les dirigeants convaincus de la souveraineté monétaire africaine doivent continuer la lutte, ce qui s’est passé à Abidjan est encore un obstacle très surmontable.

La monnaie commune Africaine ECO, de la CEDEAO et la ZLECAF, sont aujourd’hui devenues des réalités. L’ECO doit faire tâche d’huile sur tout le continent africain en vue de tendre vers une monnaie commune africaine continentale.
Tous ceux qui tenteront de s’opposer à ce processus de la bonne marche vers une véritable émergence africaine, devront être isolés et traités comme fossoyeurs de l’unité africaine.

Par Issoufou BOUBACAR KADO MAGAGI

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