Uranium

Négociations sur l’uranium : quelle stratégie pour le Niger ?

Négociations uranium NigerEléments de contexte

Voilà maintenant plus de 6 mois que les négociations sont ouvertes entre l’Etat du Niger et le groupe français Areva concernant le renouvellement des conventions minières (arrivées à échéance le 31 décembre 2013) de la Somaïr (Société des Mines de l’Aïr) et la Cominak (Compagnie Minière d’Akouta), filiales de ce groupe qui exploitent le minerai d’uranium dans la région d’Agadez depuis les années 1960.

Le sujet des ressources minières et de l’uranium en particulier a toujours été un sujet sensible auprès de la population nigérienne qui considère généralement qu’elle ne bénéficie pas suffisamment des retombées de l’exploitation de ces ressources. Aussi ces négociations se déroulent dans une ambiance tendue où la population et les organisations de la société civile nigériennes sont mobilisées[1][2] pour que le Niger obtienne un accord qui lui soit enfin bénéfique.

Ces négociations ont connu plusieurs rebondissements. Le samedi 29 mars encore le ministre des mines et du développement industriel, M. Oumarou Hamidou Tchiana a assuré devant l’Assemblée Nationale que les deux parties étaient « très proches d'un accord satisfaisant »[3].   Mais ce n’est pas la première fois qu’un accord est annoncé ou pressenti comme imminent. Ce fut le cas il y a une semaine de la part du président du directoire d’Areva[4] ou encore au début du mois de janvier après les déclarations du ministre des affaires étrangères du Niger M. Bazoum Mohamed[5].

On a également pu observer qu’à chaque fois que les autorités nigériennes affirment solidement leur volonté d’obtenir une revalorisation des revenus de l’uranium, la réponse d’Areva a été de fermer ou de menacer de fermer les mines de Somaïr et Cominak. Il en fut ainsi en septembre 2013 quand le gouvernement nigérien affirma vouloir conduire des audits dans les mines d’Areva[6] ; le groupe annonça qu’il pourrait suspendre la production à Somaïr[7]. De même en décembre 2013 lorsque le gouvernement nigérien décide en conseil des ministres d’appliquer la loi minière de 2006 à Areva[8] devant le vide juridique qui allait s’installer puisqu’il n’y avait pas d’accord en vue, la réponse du groupe a été d’arrêter provisoirement la production de ses deux mines prétextant un soudain impératif de maintenance[9].

Le nucléaire est-il réellement à faible coût ?

L’argument du faible coût aurait différentes justifications.

Le nucléaire civil est-il vraiment une énergie propre ?

Une énergie propre pourrait se définir comme de l'énergie qui, durant tout le processus de production, de distribution et d’utilisation, n'émet pas ou émet très peu de gaz à effet de serre (GES) ou d'autres émissions atmosphériques. En se basant uniquement sur les émissions de GES, le nucléaire civil peut effectivement être considéré comme propre.

L’option électronucléaire est-elle vraiment pertinente pour le Niger ?

Cet article est écrit par BOUBACAR Paté, BAC+5 Hydraulique et Environnement, Sherbrooke (Canada).

 

   Désormais, c’est clair. Le Niger a vraiment l’intention d’aller de l’avant avec le nucléaire civil. Certes, le président Mahamadou Issoufou l’avait déjà évoqué à    l’occasion de la cérémonie d’ouverture du Forum international francophone ‘’jeunesse et emplois verts’’ qui s’est tenu à Niamey, le 16 janvier dernier. Il l’a réitéré le mardi 7 février, à Saint-Étienne en France, lors d’une intervention à l’occasion du Forum francophone préparatoire à Rio+ 20. Le Président a aussi tout de même précisé que la réalisation de cet objectif devrait se faire dans le cadre d’une coopération ouest-africaine, c’est-à-dire sous tutelle de la CEDEAO. En réalité, il faut reconnaître que cette position des autorités nigériennes n’est pas vraiment nouvelle. En effet, le 18 mars 2011, Mme Djibo Salamatou Gourouza Magagi, l’ancienne ministre des mines de la transition militaire, avait déjà révélé que le Niger « a informé l'Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) de son intention de lancer un programme électronucléaire» (1). Malgré tout, il faut espérer que la décision n’est pas encore définitive. Conséquemment, il est raisonnable de penser que la porte n’est donc pas complètement fermée aux objections et aux questionnements sur la pertinence d’une telle option énergétique pour le Niger.

 

À cet effet, il s’agit de se pencher sur deux aspects qui sont fréquemment abordés lorsque le nucléaire civil est évoqué, en prenant la peine de les placer dans un contexte nigérien. À cause de son statut de producteur d’uranium, si une centrale nucléaire devait voir le jour dans le cadre de la CEDEAO, il est logique qu’elle soit installée au Niger. Les questionnements porteront dans un premier temps sur la dénomination d’énergie propre qui est si souvent attribuée au nucléaire civil. Dans un deuxième temps, son présupposé faible coût sera abordé. Enfin, dans un troisième temps, l’accent sera très brièvement mis sur l’existence d’une alternative énergétique crédible.

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